21 octobre 2026

Exposition Dalia BRISLY

Sortie à la médiathèque – Exposition Diala BRISLY intitulée « Tu n’es pas seul »

Les lycéens de la spécialité Arts Plastiques et ceux de l’enseignement optionnel se sont rendus à pied à la médiathèque François Mitterrand pour voir les œuvres d’une artiste autodidacte, engagée, militante et activiste. Née en 1980 au Koweit de parents syriens, Diala BRISLY a grandi à Damas, mais elle tolère mal la propagande omniprésente dans les écoles syriennes. Elle suit pourtant des études de littérature arabe et de génie civil avant de choisir à 21 ans de se consacrer à l’art. Elle travaille alors comme artiste indépendante en free-lance et en tant qu’illustratrice pour divers magazines et dessins animés pour les chaînes Spacetoon et Al Jazeerakids. Mais, la révolution éclate en 2011 dans le cadre du printemps arabe et débouche sur une guerre civile de treize années qui aboutira en 2024 à la chute du régime de Bachar Al-Azzad. Cette guerre aura un impact dévastateur : des milliers de morts et des millions de réfugiés à l’étranger.

L’artiste participera activement à l’élan contestataire en se servant de l’art comme d’une arme. Elle réalisera des affiches sous un pseudonyme Elvis BRISLY et prendra part à des actions humanitaires. De cette façon, elle mettra ses compétences au service de certaines causes humanitaires et sociales. En 2012, elle collecte des vêtements, de la nourriture et des médicaments et ce malgré le danger d’être arrêtée par les services secrets ou l’armée syrienne, ce qui arrive à certains de ses proches activistes notamment sa sœur. La disparition des amis de son réseau l’inquiète et en 2013, elle finit par fuir en Turquie, puis au Liban pour aider les enfants des camps de réfugiés traumatisés par la guerre et privés d’éducation en proposant des ateliers artistiques et des livres illustrés à leur destination.

« Je veux juste aider, surtout les enfants qui bien souvent ne vont plus à l’école et se trouvent dans un affreux univers. J’adore les initiatives réunissant les jeunes libanais, palestiniens et syriens, cela permet de leur faire réaliser à quel point le racisme de leurs parents est nocif. Se rencontrer permet de se connaître et donc ne plus se baser sur des préjugés.« 

En 2015, elle se réfugie en France où elle bénéficie de la bourse Nora ce qui est l’équivalent d’une résidence d’artiste étranger en exil soutenu par le ministère de la culture. Diala BRISLY est donc une artiste nomade et le monde est son atelier.

« Les gens en Syrie ne pensent pas qu’être artiste est un vrai métier »

Elle va partout où elle peut apprendre de l’expérience d’autres et transmettre un peu de bien-être. En 2022, Netflix lui commande l’affiche d’un film sur les deux sœurs Mardini, nageuses syriennes demandeuses d’asile en Allemagne. Ces dernières sauveront les 18 autres passagers du bateau surchargé en se jetant à l’eau pour sécuriser tout le monde.

De la France, elle poursuit toujours son engagement auprès d’ONG qui défendent des femmes et des enfants syriens et palestiniens vivants dans des camps au Liban. Elle continue parallèlement son travail d’illustratrice jeunesse avec en 2024 la publication de Adnan, le petit garçon qui aida sa mère à se souvenir, paru en italien et en anglais. En 2025, elle réalise un roman graphique intitulé À l’école de la dictature avec le journaliste Bassel ALHAMDOU qui documente leur autobiographie. Tous les deux retracent leur histoire après avoir fui la guerre qui a dévasté leur pays. Ils se sont rencontrés à Paris et se remémorent leur enfance dans les écoles quasi militaires de Bachar Al-Assad, leurs rêves d’adultes entravés par la corruption du clan au pouvoir, puis brisés par la guerre civile, la violence du régime, mais aussi celle de Daesh et de sa propagande. En 2011, quand la révolution éclate, Diala et Bassel s’engagent : elle, en apportant des médicaments dans les zones contrôlées par l’Armée syrienne libre, lui, en menant une enquête de terrain dans les écoles occupées par l’état islamique. La crainte devient alors leur quotidien jusqu’à ce que le danger les oblige à partir. À travers leurs parcours d’exil, ils seront acteurs et témoins de multiples projets destinés à offrir aux enfants un futur meilleur. Tous deux s’opposent à la dérive politique de leur pays. Ils lancent un cri d’alarme sur l’endoctrinement des enfants sous une didacture et c’est une vraie leçon de courage.

Nos lycéens ont justement pu admirer les dessins originaux qui ont servi à l’impression de ses deux livres. Ceux de l’enseignement optionnel ont eu la chance de rencontrer Diala BRISLY qui leur a consacré une heure de son temps : ils ont pu lui poser des questions et ont pu mesurer avec une certaine admiration sa force dans son expérience de l’exil et du déracinement. Elle vit aujourd’hui à Valence et participe à un projet collectif d’aide psychologique aux enfants traumatisés intitulé « you are not alone ».

Pascaline FARESSE – Professeur d’Arts Plastiques

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